» Focus » L'Espérance : courrier de Nancy » Ambition et mort du journal

Ambition et mort du journal

Les buts du journal

 

L’Espérance se missionne : veille des signes du réveil catholique, conseil d’ouvrages, message aux agriculteurs. Elle lutte pour l’observance du dimanche, les écoles religieuses, l’enseignement libre.

 

En 1849, les journalistes libéraux de l’Espérance ne trouvent pas la loi Falloux satisfaisante, car elle donne la liberté à l’enseignement secondaire. Metz-Noblat et Vienne démissionnent. Foblant est partisan du sabordage du journal. L’Espérance est maintenue par l’entêtement de Vagner.

Illustration Focus L'espérance

Portrait d'Alfred de Falloux (source Gallica)

Les contraintes

A partir de 1852, le pouvoir autoritaire et répressif de Napoléon III restreint encore la liberté de la presse.

1860 est une année sombre, attendant les décrets qui amorcent une évolution libérale jusqu’en 1870.

Certains journaux sont suspendus, d’autres supprimés, d’autres avertis. L’Espérance, légitimiste, reçoit un avertissement pour avoir attaqué « le gouvernement et toutes ses institutions ». En effet, rejetant la notion de souveraineté nationale exprimée par les élections, Kaeuffer a écrit : « Comme conservateurs, nous  sommes épouvantés. Toute révolte qui réussit sera légitime. […] quel gouvernement est possible avec cette doctrine ! »

En 1864, une modification du Code pénal ôte à la grève le caractère de délit. Les premiers syndicats ouvriers s’organisent. L’Espérance édite en décembre 1864 : « Nous applaudissons aux efforts qui se font pour réunir les ouvriers en associations » félicitant la naissance de la Première Internationale !

Illustration Focus L'espérance

Résurrection de la censure, Grandville (source Gallica)

La fin du journal

 

En 1864, l’encyclique Quanta Cura condamne ce qui reste de libéralisme dans le catholicisme. Les articles de L’Espérance reflètent alors le désarroi de ses dirigeants, qui la publient sans commentaires.

Durant 1870, L’Espérance ne paraît pas.

En 1873, elle se déclare monarchiste, sans les excès des légitimistes.

 

En 1891-1892, L’Espérance se montre favorable aux catholiques ralliés à la République, mouvement soutenu par Lavigerie (évêque de Nancy).

En 1891, elle adopte l’encyclique Rerum Novarum, qui favorise la création et le développement d’œuvres de charité, en ouvrant des souscriptions.

Ainsi, « De sa création à ce jour (1863), ce journal est resté constamment l’écho du parti légitimiste et du parti clérical. »

 

Après 57 ans de lutte, L’Espérance affirme, dans l’éditorial d’adieu du 30 janvier 1898, « qu’elle combattit toujours pour la justice, la liberté et la religion » dans « une inaltérable soumission au Saint-Siège ».

Illustration Focus L'espérance

Le pape Léon XIII (source Wikimedia)

Ambition et mort du journal