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La lente agonie des six dernières années

La période de guerre

 

Après l’attentat de Sarajevo, le journal s'emploie à relater les évènements en mettant systématiquement l'accent sur la dimension catholique et monarchique de l'actualité. L'analyse n'y a que peu de place, puis comme l’ensemble de la presse française, il subit le décret du 2 août 1914 suspendant la liberté de la presse jusqu’en octobre 1919.

Le nouveau bureau de presse du ministère de la guerre est chargé d’organiser la censure qui soumet les journaux à un régime de contrôle préalable et, pour compenser l’interdiction,  l’Etat-major donne chaque jour trois communiqués officiels de versions souvent inexactes des opérations.

On relève peu de coupures, de « caviardage » - révélés par des blancs - dans les colonnes du  Journal de la Meurthe, cela dû sans doute à l’auto censure des journalistes eux-mêmes.

Ce sont d’autres problèmes d’ordre financier cette fois, que connaît également le journal. En octobre 1916 et en juin 1918, il fait ainsi appel à la générosité de ses lecteurs, ceux qui voient en lui « le fidèle défenseur de l’Eglise et de la France » et qui savent que, la guerre finit, « la France devra se protéger alors contre les vagues du socialisme et contre les vagues de l’anticléricalisme ».

Extraits du Journal de la Meurthe

Numéro censuré

La fin du journal

 

De quotidien, la publication passe en rythme hebdomadaire de 1918 à 1920.

Les auteurs de l’Histoire générale de la presse française ont ces mots pour décrire le journal avant son déclin : «… à Nancy, la vieille feuille conservatrice, le Journal de la Meurthe et des Vosges, lié aux milieux industriels des salines et des cristalleries, vécut sans éclat jusqu’en 1914… »

Les positions rigides et l’extrémisme de son rédacteur en chef entraînent une désaffection pour la publication qui s’arrête définitivement après qu’une minorité de royalistes cesse de le soutenir financièrement. Florentin reconnaît dans le dernier numéro que « grâce aux sacrifices généreux et sans cesse renouvelés de fidèles amis, il avait pu supporter les dures épreuves de la guerre ».

Extraits du Journal de la Meurthe

Appel aux lecteurs

La lente agonie des six dernières années