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Un itinéraire politique particulier

Les débuts du journal

 

Le 1er vendémiaire an VI (22 septembre 1797) est publié à Nancy le premier numéro du Patriote de la Meurthe après quelques tracts intitulés Extraits de journaux patriotes.

Né sous le Directoire du désir de quelques jacobins nancéiens, dont Claude Thiébaut et Duplan -liés par des affinités politiques et souhaitant porter les idées de la Révolution-, le journal est contraint de changer plusieurs fois de titre la première année. Il s'est brievement appelé Journal politique et moral de Nancy avant de prendre définitivement le nom de Journal de la Meurthe en 1798.

Au bout de 2 ans d’existence, sous le Consulat et l’Empire, alors que la période devient difficile pour la presse, il adopte un ton moins radicale et perdure sans trop de difficultés.

En 1813, à la mort de Thiébaut et surtout en 1814 lors de la Restauration, la publication redevient feuille d’opposition et voit se succéder à sa tête Guivard, Bontoux et Lepage jusqu’en 1830.

Extraits du Journal de la Meurthe

Premier numéro du Journal de la Meurthe

Un glissement idéologique progressif

 

Le titre, quotidien en 1869 à 1918,  est complété (Journal de la Meurthe et des Vosges) et son discours se radicalise dès l'arrivée de  Léonce Florentin, à sa tête de 1892 à 1920.

Ce dernier ne fait pas cas du virage politique dans l’éditorial du 23 septembre 1898, jour du 100e anniversaire du titre. Ainsi, il évoque « le nancéien Thiébaut » qui « plantait le frêle arbuste et le confiait au sol agité de 1798 » et déclare d’une phrase neutre que le Journal de la Meurthe et des Vosges « peut, du moins, se rendre le témoignage d’avoir, depuis 1798, joué un rôle important, souvent utile, dans la vie de Nancy et de la Lorraine ; il peut se flatter d’avoir honorablement tenu sa place depuis un siècle dans la vie politique de la France. »

Toutefois un catholicisme affirmé ressort du même éditorial qui se termine ainsi : « En avant, toujours en avant, pour Dieu et pour la France ! Telle est, telle sera sa consciente devise ». Nous sommes loin de l’hostilité des premiers numéros du Patriote de la Meurthe envers le royalisme et le cléricalisme.

Extraits du Journal de la Meurthe

Numéro du centenaire

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